Le SNDP-Cfdt rencontre le DGAP Pascal COURTADE

Le SNDP – CFDT vous informe sur l’actualité du secteur pénitentiaire

Jeudi 2 juillet, Flavie RAULT, secrétaire générale du SNDP, et Jean-François FOGLIARINO, secrétaire général adjoint, rencontraient notre nouveau DGAP, Pascal COURTADE, accompagné de son « directeur de l’administration » Guillaume RAUFFET. Ce fut l’occasion pour nous de leur présenter nos constats et nos fortes attentes.

En préambule, nous avons tenu à lui exposer la singularité du SNDP-Cfdt, seul à syndiquer les deux corps de directeurs pénitentiaires. Un choix qui appuie la vision que nous avons de notre administration, qui poursuit conjointement un objectif de sécurité et de prévention de la délinquance au sein du Ministère de la Justice. Nous avons souligné notre attachement à notre cœur de métier, la prise en charge des publics, mais aussi au pilotage de politiques publiques cohérentes, structurées et efficaces. Enfin, nous avons bien entendu évoqué notre préoccupation centrale autour de la surpopulation carcérale et pénale, bien avant que ce sujet ne préoccupe l’ensemble des syndicats comme c’est désormais le cas.

L’accompagnement et le soutien des directeurs au cœur de nos attentes

Au cours de cet entretien, le SNDP-Cfdt a tenu à évoquer la question du positionnement des directeurs : les conditions d’exercice sans cesse plus dégradées et la nécessité de soutenir les cadres en favorisant des consignes claires, soutenables juridiquement et opérationnellement. Nous avons également mentionné la nécessité d’un management des cadres plus attentif et cohérent. Nous attendons de notre hiérarchie qu’elle communique avec nous clairement, notamment lorsque des insuffisances sont constatées, qu’elle nous accompagne pour monter en compétence (formation continue, coaching ou tout autre dispositif). Concernant les mobilités, nous avons manifesté notre volonté de revenir à un fonctionnement plus lisible et moins arbitraire, basé sur le respect de la charte de mobilité et favorisant des parcours de carrière cohérents et compréhensibles. La multiplication des chargés de mission en tout genre nous apparait par exemple particulièrement préoccupante. Enfin, nous avons attiré l’attention du directeur général sur la nécessité de travailler à l’attractivité de nos métiers, en favorisant les recrutements, les détachements entrants, les conditions d’exercice et bien évidemment aussi le statut des 2 corps de direction.

Sur l’ensemble de ces points, le directeur général s’est montré à l’écoute et préoccupé de la situation que nous lui exposions. La question du manque d’attractivité est clairement identifiée par les services centraux. M. RAUFFET, directeur de l’administration a en outre insisté sur le fait que les réformes statutaires en cours seraient bien évidemment défendues devant Bercy, mais aussi qu’elles seraient présentées comme une étape sur le chemin qui doit mener l’ensemble des directeurs vers un A+ en adéquation avec celui des administrateurs de l’Etat ou des commissaires de police qui viennent de franchir un pas décisif en la matière. Nous avons souligné notre volonté de pouvoir engager dès le 2ème semestre avec l’administration l’important travail de fond nécessaire à ce futur chantier (réforme des EDMJ, révision de la cartographie et de la catégorisation pour les SPIP, redéfinition des missions en adéquation avec les réalités d’aujourd’hui, etc.).

La nécessité d’une administration centrale mieux structurée, au bénéfice de l’ensemble des services

Nous avons fait un focus sur l’organisation de l’administration centrale, tant il nous semble qu’elle conditionne l’ensemble de ce qui ruisselle jusqu’aux services déconcentrés, disant notre inquiétude face à une DGAP qui connait aujourd’hui selon nous un déficit de structuration :

  • absence de mémoire des services du fait des problématiques d’archivage informatique et d’adaptation de nos pratiques en la matière ;
  • absence de diffusion et de recensement efficace des textes (avec une Gestion Electronique des Documents – GED – dont le fonctionnement reste largement insatisfaisant) ;
  • absence d’outils de pilotage modernes ;
  • proportion trop importante de contractuels (notamment dans les services métiers), aggravée par un fort turn over et une absence de formation type ;
  • transformation de la DAP en DGAP très largement inaboutie.

Le DGAP s’est dit très conscient de l’ensemble de ces problématiques et a indiqué avoir fait ses propres constats depuis son arrivée. Nous espérons que sa nomination sera l’occasion d’engager un vrai chantier de restructuration sur ce sujet.

Notre souhait d’un dialogue constructif et régulier

Le DGAP nous a indiqué travailler encore à la déclinaison concrète des objectifs qui lui ont été assignés par le garde des Sceaux dans son discours d’installation.

Nous avons pour notre part conclu cet entretien sur notre souhait de voir la feuille de route signée fin 2025 par le ministre prendre enfin vie entre les mains du nouveau DGAP, notamment s’agissant du groupe de travail politique pénitentiaire, en insistant sur notre souhait de pouvoir travailler de conserve sur des axes d’amélioration concrets et pragmatiques.

Représentant les directeurs pénitentiaires dans la diversité de leurs métiers, nous continuerons à porter au quotidien vos attentes auprès du nouveau DGAP et de ses services.

 

Flavie RAULT, Secrétaire générale du SNDP-Cfdt

Jean-François FOGLIARINO, Secrétaire général adjoint du SNDP-Cfdt

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