Permission de sortir… d’un débat faussé

Le SNDP – CFDT vous informe sur l’actualité du secteur pénitentiaire

Le crime de sang commis envers un policier le 05 octobre en Seine-Saint-Denis par un détenu évadé en mai du centre pénitentiaire sud-francilien par non-réintégration de l’établissement à l’issue d’une permission de sortir a provoqué, outre une légitime émotion, un débat fortement politicien et non dénué d’irréalisme pour les professionnels de la détention et de l’exécution des peines que nous sommes.

Une formule statistiquement satisfaisante
Selon les chiffres fournis par l’administration pénitentiaire, le nombre de permissions de sortir est plutôt en baisse. Alors qu’il était monté à 62266 en 2010 (il y avait alors 60978 détenus), il était de 55302 en 2013 (pour 66572 détenus).
Le nombre de non-réintégrations, pour divers motifs, de détenus à l’issue d’une permission de sortir, est lui en hausse importante : de 922 en 2010, il s’est élevé à 1467 en 2013.
Cependant, la présentation statistique de la DAP est tout à fait critiquable, à la limite du ridicule même, puisque dans ce nombre elle inclut les détenus ayant obtenu une mesure de semi-liberté et qui se rendent par eux-mêmes de leur prison vers le centre de semi-liberté qui les hébergera jusqu’à leur fin de peine ou libération conditionnelle. Il en est de même lorsqu’un détenu obtient un placement sous surveillance électronique dont l’écrou s’effectue dans un autre établissement.
Si l’on retire ces cas, on découvre que le nombre d’évasions est passé au contraire de 343 en 2010 à 295 en 2013.
Ceci représente un taux d’évasion pendant les permissions de sortir de 0,5%. Lire la suite : permissions de sortir, un débat faussé

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